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culture pere auguste, pretre mangarevien «laval a ete fascine par le peuple mangarevien» 136 ans apres le pere tryphon, pere auguste est aujourd hui le deuxieme pretre catholique originaire des gambier, berceau du catholicisme polynesien. il nous donne le point de vue d un enfant de cette terre, pretre par ailleurs, sur le pere laval et l heritage culturel et spirituel qu il a laisse 172 ans apres. interview : isabelle bertaux / traduction / translation celeste brash ton parcours ? pere auguste : je suis ne et j ai grandi a mangareva. pratiquement toute ma famille y vit. mes racines sont donc la-bas, mais comme la plupart des enfants, a l age de 11 ans j ai quitte mon ile pour venir au college a tahiti. vers 18 ans, mon «destin» a change. j ai eu une rencontre spirituelle. je me suis naturellement dirige vers des etudes de theologie. apres sept ans au grand seminaire de punaauia, j ai ete ordonne pretre, en 1999. par la suite, j ai egalement suivi deux ans d etudes a rome, ou j ai obtenu une licence canonique en dogmatique. aujourd hui, j officie a la paroisse de pamatai, ainsi que dans les iles des tuamotu-gambier ou je me deplace tres regulierement. les pretres originaires de mangareva sont nombreux en polynesie francaise ? depuis l epoque des missionnaires, je suis seulement le deuxieme ! ce qui est paradoxal, car les gambier ont ete le premier archipel catholique de l histoire de la polynesie francaise. d ailleurs, le tout premier pretre polynesien, en 1870, etait de mangareva : le pere tryphon, de son vrai nom mama taira putairi. depuis lui, il n y avait plus eu de pretre originaire des gambier. j arrive donc 136 ans apres lui ! quelle perception ont aujourd hui les mangareviens des missions et du pere laval ? les mangareviens sont fiers de cet homme. pere laval a profondement aime le peuple des gambier. on parle toujours de lui dans les familles, c est un personnage incontournable pour nous tous. mais en meme temps, les gens ont des doutes. ils sont lies aux problemes actuels du foncier. on dit qu a l epoque, les missionnaires auraient vole les terres des mangareviens. aujourd hui encore, beaucoup de terres appartiennent a la mission catholique, qui n a pas le droit de les vendre. mais il faut prendre ces histoires avec precautions. lorsque les missionnaires ont debarque a mangareva, il y avait une dizaine de familles royales. celles-ci possedaient toutes les terres de l archipel. le «petit» peuple ne possedait rien. il travaillait entierement au service des rois. il semblerait qu il ait pu obtenir des parcelles de terres grace aux missionnaires, en «echange» de leur foi cela a fait beaucoup de bien aux mangareviens de pouvoir devenir proprietaires. cela representait, pour eux, une certaine forme de liberation. penses-tu que les missionnaires ont «libere» le peuple mangarevien ? avant eux, regnait la loi du plus fort. les missionnaires ont renverse ce systeme social. ils ont arrete les sacrifices humains, what is your story ? pere auguste: i was born and raised in mangareva. practically my entire family lives there. my roots, therefore are in the gambier and, like most of the children in the islands, i left home at age 11 to go to middle school in tahiti. when i was around eighteen years old, my destiny was dramatically changed when i had a spiritual encounter. it was natural for me to veer towards theological studies. after seven years at the seminary in punaauia, i was ordained as a priest in 1999. after that i studied for two more years in rome where i received my canonic license in dogmatism. today i officiate over the parish of pamatai and also in the tuamotu and gambier islands where i visit regularly. are there many priests in french polynesia who come from the gambier? since the time of the missionaries i'm only the second! it's a paradox really since the gambier archipelago was the first to become catholic in all of french polynesia. at the same time, the first polynesian priest, ordained in 1870, came from mangareva. he was named father tryphon but his real name was mama taira putairi. after him there weren't any more priests that came from the gambier. except me 136 years later! what do the mangarevans of today think about father laval and the missionaries? the mangarevans are proud of the man. father laval was profoundly loved by the gambier people. he is still spoken of within the families - he is still present for all of us. but, at the same time, people do have doubts that are connected with current problems of land ownership. it's said that back in the day, the missionaries stole land from the mangarevans. today, the catholic mission still owns lots of land that it does not have the right to sell. but one has to take these stories with a grain of salt. when the missionaries arrived in mangareva there were around a dozen royal families. these families owned all > r e v u e d e b o r d n ° 5 4 / a i r ta h i t i / o n - b o a r d m a g a z i n e n ° 5 4 3 3 31