
les espaces goudronnes ou cimentes se remplissent a partir de 18 heures, accueillant alors des troupes de danses et de chants en repetition. un immense travail est egalement necessaire pour la realisation des somptueux costumes. le temps de la soiree, chaque danseur en portera trois differents. le «grand» costume est le plus elabore. il comprends obligatoirement un more, une sorte de jupe en fibre de purau, un arbre local. il faut egalement une tenue comprenant un pareu ainsi qu un ensemble «vegetal» car compose en grande partie de vegetaux fraichement cueillis. difficulte supplementaire : l utilisation de matiere locale est impose pour une grande partie de ces costumes. l ensemble vegetal reste l affaire de chaque danseur qui devra aller ramasser tous les ingredients et les assembler lui-meme, un peu avant le spectacle. selon la complexite du modele, un costume vegetal peut prendre au danseur plus de 10 heures de travail en dehors de la troupe et dans l entourage, tout le monde est donc mis a contribution pour que tous soient pret. ces intenses preparatifs sont vecus comme des moments d apprentissage, de decouverte et de partage autour d une seule et meme culture, celle de l effort. le stress et la pression accumulee lors des repetitions se transforment en une energie epoustouflante pendant quarante minutes de prestation. ces groupes sont composes de familles polynesiennes, d hommes et de femmes qui oeuvrent benevolement pour que le spectacle continu mais surtout pour l amour de leur culture et la reconnaissance d un patrimoine culturel recu en heritage. la reconnaissance du public pour un spectacle est a leurs yeux, la meilleure recompense lors du heiva i tahiti ! des le debut du mois de mai, les grands parkings d hotels, les salles de sport et les preaux des ecoles de la ville de papeete et de ses environs sont investis. libres et deserts en soiree, ces espaces goudronnes ou cimentes qui se remplissent a partir de 18 heures, accueillant alors des troupes de danses et de chants en repetition. aux quatre coins des villes, retentissent donc les percussions et des voix qui s echauffent. tout cela dans la penombre des lieux insolites : c est l appel du heiva i tahiti. 46 revue de bord n°59 / air tahiti / on-board magazine n°59