
culture vant l arrivee des premiers navigateurs europeens, l archipel des gambier formait ce que l on appellerait aujourd hui, un « micro-etat » avec son pouvoir propre et ses lois. au sommet de l edifice social se trouvait un chef supreme, « akariki » en reo magareva. il etait sacralise et venere tel un dieu vivant. des sa conception, le futur chef devait etre pare de toutes les vertus possibles. pour cette raison, des mariages consanguins etaient conclus avec pour objectif de concentrer les pouvoirs des descendances. age de quelques semaines, le futur chef menait une vie differente des autres enfants. cache dans la montagne, il recevait une education emprunte de mysteres et d interdits. a un « akariki » tout puissant a l age adulte, l akariki se distinguait physiquement par ses tatouages presents sur tout le corps ainsi que son embonpoint, sa peau claire, ses ongles et ses cheveux longs. il ordonnait l execution de ses directives qui pouvaient attenter, de facon plus ou moins directe, a la vie de certains habitants. par exemple, les interdictions de pecher qu il edictait en certains endroits du lagon rendaient impossible la survie des plus pauvres. se transmettant de facon hereditaire, ses pouvoirs etaient immenses, s etendant sur toutes les terres de l ile. « le gouvernement des gambier a ete, de temps immemorial, monarchique et hereditaire » selon les ecrits du pere caret, missionnaire catholique de la confrerie de picpus arrive au gambier le 7 aout 1834. ancien temple des idoles a manga-reva. atlas pittoresque de dumont d urville dessine par l. le breton; lithographie par de laplante. 1846. ©national library of australia ©national library of australia cette sculpture aux quatre bras tendus etait installee a cote des figures de divinites. © musee du quai branly, photo patrick gries, bruno descoings les mangareviens etaient repartis selon une organisation sociale partagee en trois classes bien distinctes. tout en haut de l echelle sociale se trouvaient les aristocrates ou nobles togo iti. ils etaient de lignee genealogique directe avec les chefs. la classe intermediaire riche, pakaora, etait de lignee plus eloignee, tandis que la classe urumanu se composait du peuple.tout mariage mixte etait prohibe entre la noblesse et ladite classe inferieure. cette classe populaire comprenait la grande majorite des mangareviens. les experts en construction de maison, de pirogue, les sorciers et les guerriers en faisaient notamment partie. les kio etaient les personnes du peuple qui travaillaient pour les aristocrates. les plus pauvres d entre eux s appelaient les kiore (rats). leur vie etait particulierement penible. les seuls biens qui fussent en leur possession etaient des radeaux, embarcations indispensables pour pecher dans le lagon. les membres de la classe intermediaire etaient des proprietaires terriens enrichis grace a leurs cultures de l arbre a pain, uru. leurs proprietes etaient soit des heritages, soit des cadeaux des chefs en remerciement de services rendus. les terres distribuees etaient celles prealablement acquises aupres des peuplades vaincues au combat. dans la classe la plus elevee, on pouvait relever la presence des grands pretres et des rogorogo ces gardiens de la connaissance et des genealogies. leur role etait essentiel dans cette civilisation qui ne connaissait pas l ecriture. une societe tres structuree