
nature l e travail des archeologues contemporains livre un temoignage interessant sur la place qu occupaient les coquillages dans l ornementation corporelle des iles de polynesie orientale, espace geographique incluant l archipel de la societe, des marquises, mais aussi hawai et les iles cook. les fouilles realisees sur des sites archeologiques ont ete fructueuses, tout particulierement aux marquises, ou les habitants fabriquerent des ornements corporels sur un laps de temps plus important que dans les autres archipels. des coquillages tailles, perces et assembles sur des liens en fibres de coco, racines de pandanus ou autres fibres naturelles sont ainsi travailles et faconnes depuis des temps immemoriaux. signe fort de pouvoir et d importance le port des ornements en coquillages etait autrefois reserve aux chefs, ari i en reo tahiti (langue tahitienne), guerriers et personnes de haut rang, dignes d etre investis de quelques pouvoirs divins. cette apparence exterieure, volontairement fastueuse, les distinguait des autres habitants. les archeologues qui ont retrouve certains de leurs bijoux d apparat composes de coquillages divers (des porcelaines pōreho, les petites conques marines terebridae pū...) soulignent la qualite de cet artisanat ancestral. les colliers des chefs, composes de grands pendentifs en nacre etaient d une finesse surprenante. une fois polie, la coquille d huitre choisie pour sa taille consequente, etait fixee sur un large collier de cheveux tresses (tubuai). d autres colliers, hei, se composaient de plusieurs nacres enluminees de reflets dores, enfilees sur des tresses de cheveux. generalement composes d une dizaine de petites nacres entieres, les colliers pouvaient en reunir jusqu a pres d une trentaine. hormis les colliers, d autres bijoux en coquillages ont ete retrouves dont des bracelets, des ornements de jambes et des plaques pectorales en nacre, tāumi. la parure ceremonielle etait d une complexite eblouissante. des coiffes majestueuses une importance toute particuliere etait accordee a la coiffure d apparat dont la confection revenait aux mains expertes des maitres artisans (tuhuma ou tuhuka aux marquises). au sein de la communaute, l intervention des femmes se limitait a l assemblage des parures en materiaux vegetaux. pour garantir le faste necessaire a l ornementation ceremonielle, les maitres artisans realisaient de veritables oeuvres d art sur lesquelles la brillance des coquillages polis se melait a la legerete des plumes de coq, de canard ou de perruches et la robustesse des ecailles de tortues. certains chefs, vivant aux marquises, portaient des uhikana, en eo enata (la langue marquisienne), ces bandeaux en bourre de coco tressee rehausses d un disque de quelques millimetres d epaisseur fixe sur le devant. ce disque etait obtenu par un polissage soigneux de coquillages tels les cones ou les nacres. perces puis decores de sillons, ses bordures pouvaient etre lisses ou au contraire crantees. les guerriers se distinguaient quant a eux par l ajout de longues plumes a leur disque frontal qui se denommait ta avaha (en eo enata). > robe de pleureuse, tahiti, archipel de la societe, polynesie francaise recueillie lors du 2eme voyage du capitaine james cook (1772-75) mourner s dress, tahiti, from the society islands, french polynesia collected on the second voyage of captain james cook (1772 -75) ©the trustees of the british museum images