elle est cuite) était également présent. On trouvait aussi le pourpier. L'espèce Portulaca lutea, une herbacée poussant sur les plages des îles et atolls du Pacifique (Tuamotu, Kiribati, Tuvalu), a été une source importante de vitamine C aussi bien pour les populations des atolls isolés que, plus tard, pour les navigateurs souffrant du scorbut. Lors de leurs migrations sur leurs grandes pirogues doubles, les ma'ohi durent donc apporter avec eux les plantes indispensables à leur survie. Il s’agissait de variétés qu’ils avaient domestiquées durant leurs pérégrinations depuis l’Asie du Sud-Est, au cours des millénaires précédents : certains bananiers (la banane fe'i, notamment), l’arbre à pain (uru en tahitien), différentes variétés de cocotiers, la canne à sucre et le papayer, sans oublier les tubercules vivriers comme le taro. On peut citer aussi le châtaignier d'Océanie – mape (Inocarpus fagifer), la pomme-cythère – vi tahiti, ou encore la patate douce – 'umara (Ipomoea batatas), introduite suite à leurs contacts avec les côtes andines. Sans oublier une plante aux multiples vertus, alimentaires et médicinales, le noni, ou nono (Morinda citrifolia). Depuis l’arrivée des premiers Européens, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, leur nombre a fortement augmenté avec l’introduction de fruits importés d’Amérique du sud et d’Asie du sud-est. Parmi les premiers, on citera l'oranger, introduit par le capitaine Cook en 1777 et l’ananas,
introduit par le capitaine Bligh, en 1792. Dans la première moitié du XIXe siècle, ce furent, entre autres, le goyavier puis le manguier (Mangifera indica). Au début du XXe siècle, un Américain, Harrisson Smith, planta sur sa propriété de Papeari (aujourd’hui Jardin botanique territorial) des centaines de variétés de fleurs et d’arbres “exotiques” qu’il faisait venir des régions tropicales d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Parmi celles-ci, certaines donnent des fruits délicieux : le mangoustan, le ramboutan, le pamplemousse..., pour ne citer qu’eux. Après une mutation qualitative, certains fruits font aussi l’objet d’une commercialisation à l’export, comme la vanille (Vanilla tahitensis), apportée à Tahiti en 1850, par deux amiraux. Depuis une quarantaine d’années, enfin, de nombreuses autres espèces – plusieurs dizaines – ont été introduites. Parmi elles, corossol, fruit de la passion, pomme-cannelle, pomme-étoile, goyave ou encore litchi… Mais toutes ne sont pas comestibles et la plupart sont peu répandues. Parmi ces arbres fruitiers, quelques-uns ont donné lieu à des légendes qui se sont transmises de génération en génération et font partie du fonds culturel traditionnel polynésien. D’autres sont porteurs d’anecdotes qui illustrent des pages de l’Histoire de Tahiti et ses îles, et du brassage de civilisations qui s’y déroula.
Texte / story Claude Jacques Bourgeat
La noix de coco Les usages du cocotier sont multiples. On appelle cet arbre, providentiel dans les îles océaniennes, l’“arbre aux cent usages”. Chaque partie de la plante est en effet utile et utilisée pour l’alimentation, la médecine, la cosmétique, la construction et la fabrication de divers objets. Il a pu arriver en Polynésie orientale de manière naturelle, grâce à la flottaison des fruits au gré des courants marins. Mais les premiers Polynésiens ont aussi transporté des noix dans leurs pirogues, lors de leurs migrations trans-océaniques. L’eau de la noix sert de boisson, aux divers stades de son développement. L’amande est une nourriture riche. Pressée, elle donne le lait de coco, ingrédient essentiel de la cuisine tahitienne. Cette même amande râpée sert aussi à préparer des condiments fermentés, “miti hue” et “taioro”. Une légende présentant de nombreux points communs est racontée aussi bien en Polynésie, qu’en Mélanésie et en Micronésie. Dans cette légende, la noix de coco est assimilée à la tête d’un homme, la coque au crâne, la bourre aux cheveux, alors que les orifices figurent les yeux et la bouche. Ainsi à Tahiti, l’on disait que le cocotier, issu des crânes d’enfants défunts, symbolisait le jaillissement de la vie. Dans la pratique traditionnelle, les anciens Polynésiens ne plantaient des cocotiers qu’en nombre limité, principalement aux environs des lieux de vie. Au XIXe et au XXe siècle, une culture presque industrielle a alors transformé les paysages des îles polynésiennes, notamment celui des atolls et des îles basses (Tuamotu). De 1800 à 1930, le nombre de cocotiers en Polynésie française a été multiplié par 40 ou 50. De nos jours, pour pallier la perte de biodiversité liée à cette quasi-monoculture, il est question de créer des aires de conservation des variétés traditionnelles, un trésor “national” délaissé et menacé de disparition.
Coconuts Coconuts can be used in many different ways. The coconut tree, which is very common in the Pacific Islands, is often nicknamed “the tree with a hundred uses.” Each part of the tree and fruit can be used for different things: food, medicine, cosmetics, construction or in the making of various objects. Coconuts arrived to French Polynesia naturally, as they floated on the ocean currents. But the first Polynesians also brought coconuts along with them aboard their canoes during their trans-Pacific migrations. Coconut water is very nutritious and can be drunk throughout the different stages of its development. The flesh of the coconut is also nutritiously rich and can be squeezed for coconut milk, which has become a main ingredient in Tahitian cuisine. Grated coconut flesh can also be used in fermented condiments, such as “miti hue” and “taioro”. A legend related to the coconut tree is told throughout French Polynesia, Melanesia and Miocronesia, and it tells the story of the coconut as a representation of the head of a human being, the shell being the skull, the husk being the hair and the holes being the eyes and mouth. Out of this legend grew a Tahitian tale that coconut trees are a sort of “tree of life,” and are symbolic of the spouting of new life, because the tree grows from the skulls of children who have passed on. Ancient Polynesians had a custom of planting a limited number of coconut trees, and primarily around living areas. In the 19th and 20th centuries, an almost industrial-level coconut cultivation dramatically transformed the landscapes of the Polynesian islands, particularly in the atolls and low islands such as in the Tuamotu archipelago. From 1800 to 1930 the number of coconut trees in French Polynesia grew 40 or 50-fold. These days, to make up for the loss of biodiversity that this quasi-monoculture represents, there is discussion to create special areas to conserve the “national treasures” of certain ancient species that are under the threat of extinction.
QUELQUES FRUITS DE TAHITI : PAPAYE, COROSSOL, RAMBOUTAN, ANANAS, BANANE, AVOCAT, ET KIWI ETC some oF The FruiTs oF TAhiTi: pApAyA, soursop, rAmBuTAN, piNeApple, BANANA, AvoCAdo, ANd kiwi eTC.
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