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Mataiva, Eden des Tuamotu
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A l’extrême ouest du vaste archipel des Tuamotu, l’atoll de Mataiva propose un séjour au cœur d’un environnement singulier et préservé. Ses forêts primaires sont le refuge d’une faune endémique unique et son lagon dévoile des vasques naturelles, merveilles uniques en Polynésie française. Un peu à l’écart des sentiers battus, Mataiva est bien plus qu’une destination : un réel voyage à la rencontre de la beauté, de l’accueil et de l’authenticité polynésienne.


Coup d’œil sur Mataiva

La légende de Mataiva, « Tepoetiriura »

L’or de Mataiva, les roches de phosphate

Une forêt primaire, habitat d’oiseaux rarissimes

Des oiseaux uniques

La légende du Tiare `apetahi

Raiatea, Trésors de l’océan



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© I. Bertaux - Tahiti Communication sauf image centre: H. Barnaud



Coup d’œil sur Mataiva


Même si aucune trace archéologique précise ne l’atteste, il est très probable que les Polynésiens abordèrent cet atoll entre 500 et 1 000 ap. JC, ère de leur mouvement de colonisation des archipels de Polynésie française.
L’atoll fut aperçu pour la première fois par des Européens en 1606 avec le passage de l’explorateur espagnol Quiros. Il fallut attendre deux cents ans pour que les Européens s’aventurent de nouveau aux abords de Mataiva. En 1820, le navigateur Von Bellinghausen l’approcha dans le cadre d’une mission océanographique russe.
L’atoll est devenu célèbre dès la deuxième moitié du 20ème siècle pour l’exploitation intensive de ses cocoteraies. Jusqu’à cette période, il n’était pas occupé en permanence. Les habitants des atolls voisins de Tikehau et Rangiroa s’y rendaient épisodiquement pour la pêche et le coprah, c’est-à-dire la récolte de l’amande des noix de coco.
Aujourd’hui, Mataiva compte 200 habitants vivant en partie de la culture des 2 000 hectares de terres arables, les plus productives des Tuamotu. Mais Mataiva ne s’est pas uniquement forgé une réputation sur sa coprah - culture et ses plantations de fruits et légumes... L’île dispose d’un patrimoine naturel remarquable. L’atoll abrite l’unique lagon «alvéolaire » de Polynésie française. Il est formé par une soixantaine de vasques profondes d’à peine dix mètres,séparées les unes des autres par un dédale de coraux à fleur d’eau. Les sous-sols de l’île sont aussi d’une extraordinaire richesse en phosphate.
Autre trésor naturel, la présence de forêts primaires, c’est-à-dire des forêts dont l’équilibre écologique et les espèces n’ont pas été modifiés de façon significative par les interventions humaines. Cette flore précieuse est complétée par une faune tout aussi exceptionnelle. Oiseaux endémiques, poissons tropicaux etc. Autant de richesses naturelles qui séduisent de nombreux visiteurs et touristes. Cet anneau de corail n’en finit pas de ravir les plongeurs et amateurs de snorckeling (plongée sans bouteille).
Avec l’ouverture de l’aéroport, le tranquille atoll s’est ouvert aux touristes qui y découvrent son authenticité insulaire des plus attachantes.

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© Image de gauche : P. Bacchet, image centre : H. Barnaud, image de droite : I. Bertaux


La légende de Mataiva, « Tepoetiriura »


Mataiva signifie « les neuf yeux », en raison des neufs hoa, chenaux de faible profondeur, qui séparent les motu de l’atoll. Mais il fut un temps où l’on appelait Mataiva « Tepoetiriura ». Cela pourrait se traduire par « une perle que l’on a ramenée, qui brille comme une étoile filante »… Ce joli nom raconte la naissance de l’atoll. Selon la mémoire collective de Mataiva, un guerrier géant du nom de Tu était à Huahine. Sur cette île, il y avait un petit endroit qu’il appréciait particulièrement. Ce lieu était tellement beau, éclatant comme la plus belle des perles, que Tu eut envie d’en faire son royaume. Il décida alors de l’enlever. Malgré les farouches gardiens, à la nuit tombée, Tu réussit à retirer ce morceau de Huahine et s’éclipsa avec, à bord de sa pirogue. Il rama aussi vite qu’il pouvait pour ne pas être rattrapé. Si vite que l’on crut voir une étoile filante passer dans le ciel. Gagné par le lever du jour, Tu dû s’arrêter. Il posa, là où il se trouvait, son morceau d’île. C’est désormais Mataiva. Il paraît que l’on peut voir, aujourd’hui encore, l’empreinte de Mataiva à Huahine. Il resterait, quelque part dans le lagon de Huahine, une sorte de vasque de la forme exacte de l’atoll de Mataiva…

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© P. Bacchet


L’or de Mataiva, les roches de phosphate


La fertilité de Mataiva est probablement liée à sa terre phosphatée d’une incroyable richesse. Cet atoll possède plus de 70 gisements d’apatites exploitables qui sont des roches phosphatées à l’état brut (pures à 70%). Leurs coloris peuvent varier du bleu-vert, au brun.
Ce minerai qui s’est formé en milieu marin plusieurs ères géologiques auparavant constitue un très bon engrais naturel.Les scientifiques qui ont relevé sa présence sur les récifs coralliens de Mataiva, ont réalisé plusieurs prélèvements et forages dans son lagon.
Les quantités de phosphate qui ont été estimées sont phénoménales, probablement 10 voire 15 millions de tonnes. Bien que Mataiva ne soit pas le seul atoll du Pacifique Sud à posséder de tels gisements (Makatea en Polynésie française, Nauru, Banaba), il n’en demeure pas moins l’un des rares lieux épargnés par l’industrie extractive. Un projet d’extraction du phosphate est pourtant en pourparler auprès des autorités polynésiennes. Extraction, dont le rendement s’avérerait très lucratif. Mais la protection de l’atoll et de son écosystème entraînent de vives contestations. Une telle exploitation aurait des conséquences certaines sur la végétation environnante et par conséquent sur une partie de la faune qui en dépend. Le tourisme serait aussi sans doute impacté par un tel bouleversement. Entre développement économique, développement durable et préservation de l’environnement, le choix et le dosage s’avèrent difficiles.

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© image de gauche: H. Barnaud, image de droite : I. Bertaux - Tahiti Communication


Une forêt primaire, habitat d’oiseaux rarissimes


L’atoll abrite d’étonnantes forêts dites primaires dont la remarquable préservation suscite l’intérêt de botanistes internationaux. Elles sont dites « primaires » car leur équilibre naturel n’a pas été modifié par les interventions humaines.
En s’aventurant sur les terres de Poea au nord-est ou celles de Hitirari situées au sud-ouest de l’atoll, les visiteurs découvrent ce paysage si particulier où s’enchevêtrent fougères nid d’oiseaux (Aslenium nidus), Tamanu (Calophyllum inophyllum), Puatea (Pisonia grandis) pouvant atteindre une trentaine de mètres, Tafano (Guettarda speciosa) petit arbre dont le bois est d’une robustesse exceptionnelle, Fara (Pandanus tectorius), Tahinu (Argusia argentea), Purau (Hibiscus taliaceus) et Tou (Cordia subcordata)... Cette nature foisonnante se rapproche de l’idée tant véhiculée du paradis insulaire vert et sauvage.
En l’absence d’exploitations et de constructions humaines perturbatrices, ces forêts primaires offrent un spectacle fascinant où l’observation de nombreux oiseaux terrestres et marins est rendue possible.

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© P. Bacchet


Des oiseaux uniques


Ces quelques espaces naturels, sauvés du déboisement nécessaire aux plantations de cocotiers, sont de merveilleux habitats pour plusieurs espèces d’oiseaux polynésiens, en déclin pour la plupart. Les rousserolles (Arcocephalus atyphus) aiment tout particulièrement se nicher dans les fourrés ombragés de Tournefortia, les buissons Guettarda speciosa et les zones boisées où poussent des Pandanus. Cette espèce terrestre protégée peu craintive - au plumage gris-beige, jaune-marron - qui mesure près d’une quinzaine de centimètres est uniquement présente en Polynésie française (elle est dite endémique). Essentiellement insectivore, elle se laisse parfois tenter par des petits escargots et des lézards (plus rarement)... Ses petits sifflements mélodieux et variés sont indispensables aux ornithologues qui l’observent patiemment sur l’atoll et peuvent ainsi définir sa localisation sur Mataiva. 16 spécimens ont ainsi été capturés par l’ornithologue Jean-Claude Thibault en 2006.
Plus fréquentes, les espèces d’oiseaux marins telles le Nodi brun (Anous stolidus) et le Fou à pieds rouges (Sula Sula) sont observables dans les forêts de l’atoll (notamment celles de Pua’atea-Pisonia) et sur les motu de Papiro, (pour le Fou) de Tou, Tiamano et Teakou.
Entre les mois de septembre et avril, il n’est pas rare d’apercevoir un courlis d’Alaska, Numenius tahitiensis, venu hiverner sur l’atoll. Cet échassier beige tacheté de brun qui mesure 44 cm environ, espèce protégée, possède de grandes pattes légèrement bleutées. Son long bec noir et rose lui permet de retourner le sable pour y chercher des crustacés qui constituent l’essentiel de son alimentation.

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© H. Barnaud sauf image centre : P. Bacchet


Texte : Tahiti Communication

Remerciements :
Remerciements au botaniste Jean-François Butaud co-auteur d’une étude sur la flore et la faune de Mataiva de Jean-François Butaud et Fred Jacq commanditée par le Service de l’urbanisme